SPORTS

La jeunesse dorée de Montpellier

Montpellier a réalisé un véritable exploit en remontant huit buts de handicap face à Pampelune, pour s'adjuger la première Ligue des Champions de l'histoire du handball français. Une victoire acquise notamment grâce à la jeune garde montpelliéraine : Nikola Karabatic, Michaël Guigou et Damien Kabengele.

"A l'aller, sans Nikola Karabatic et ses onze buts, on aurait terminé dans le caniveau. Il a eu valeur d'exemple sur le groupe", déclarait le gardien de but de Montpellier, Thierry Omeyer, après la victoire historique face à Pampelune hier soir. Un hommage auquel il aurait pu associer Michaël Guigou et Damien Kabengele, énormes de courage, de volonté et de talent dans cette finale. A eux trois, les minots montpelliérains ont terrassé le grand Pampelune, de Jackson Richardson, en marquant dix-huit des trente et un buts de leur équipe. Après Nikola Karabatic (19 ans) au match aller, c'est hier soir Michaël Guigou, du haut de ses 21 ans, qui a mené l'attaque de Montpellier, en inscrivant dix buts (à 6/7 aux tirs et 4/4 sur pénalties). A l'autre bout du terrain, Damien Kabengele (22 ans) a parfaitement rempli sa (lourde) mission : contenir le meilleur joueur de la planète, Jackson Richardson. Le Réunionnais n'a pu se défaire de la défense du Zaïrois et n'a inscrit que quatre buts sur ses neufs tirs.
Nikola Karabatic (Photo : DR)
Damien Kabengele (Photo : DR)
Des performances étonnantes venant de joueurs si jeunes, mais des performances qui n'étonnent pas Patrice Canayer, leur entraîneur : "J'ai dit, il y a deux ans déjà, que la future équipe de Montpellier était déjà à Montpellier", réaffirme-t-il aujourd'hui. Cette finale a seulement permis de faire éclater aux yeux du grand public (France 2 a retransmis presque toute la deuxième mi-temps à une heure de grande écoute) le talent de joueurs déjà bien connus sur la planète handball. Damien Kabengele est ainsi arrivé à Montpellier en 1996, à l'âge de 15 ans. Petit à petit, il a gravi les échelons jusqu'à l'équipe première avec laquelle il remporte un premier titre de champion de France et une coupe de France à 18 ans, en 1999. Suivront deux autres titres de champion (2000 et 2002), trois coupes de France (2000, 2001 et 2002), un quart de finale de Ligue des Champions (2001) et un quart de finale de la coupe des vainqueurs de Coupe (2002). Un palmarès déjà impressionnant, digne d'un vieux briscard, qui montre que Kabengele n'a rien d'un novice, si ce n'est son jeune âge.

Plus jeunes d'un et trois ans, Michaël Guigou et Nikola Karabatic vont rejoindre Damien en équipe première en 2001. Les deux espoirs du hand français sont pressés et leur ascension va alors être fulgurante. Au point d'attirer l'attention du sélectionneur national, Claude Onesta, qui leur offrira leur première sélection chez les Bleus. Nikola Karabatic deviendra même le plus jeune joueur à être appelé en équipe de France lors de la World Cup en novembre dernier. Nikola n'a alors que 18 ans et il impressionne Onesta qui le retient, certes comme remplacant, pour disputer les championnats du monde à Lisbonne en janvier dernier, où la France récolte la médaille de bronze. Michaël Guigou n'a pas eu, lui, les honneurs du Mondial mais ce n'est que partie remise pour un joueur que les observateurs annoncent comme le futur grand ailier gauche de l'équipe de France. "Ce sont des garçons qui ont la tête sur les épaules, avec des familles très présentes. Ils ont déjà vécu de belles choses à leur âge, espérons qu'ils auront l'appétit de vivre encore beaucoup d'aventures", analyse Claude Onesta, tout en les mettant en garde contre tout excès de confiance : "Le jeune joueur n'a rien à perdre. Il est toujours plus difficile de confirmer." Patrice Canayer, qui les connaît mieux que personne, sait déjà que ces trois joueurs ne seront pas de simples étoiles filantes, mais qu'ils sont là pour longtemps. Tout comme Geoffroy Krantz (21 ans), Sylvain Rognon (20 ans) et Damien Scaccianoce (22 ans et appelé à succéder à Grégory Anquetil à l'aile droite), autres jeunes pousses du club."Cela ferait une belle équipe pour gagner à nouveau une coupe d'Europe dans quelques années", reconnaît Patrice Canayer. Nul doute que les jeunes aux dents longues de Montpellier ne voudront pas attendre aussi longtemps.

Emmanuel Quintin
05/05/2003 17h35

Le site de Montpellier

Retour

 


Michaël Guigou (Photo : DR)